La salle à manger était une salle intime, où les hôtes recevaient leurs proches ou des membres de la famille.
Nous vous invitons à débuter ici votre visite de l’exposition temporaire, Échos des songes. Le symbolisme à Bruxelles, et l’univers de la famille Hannon. L’exposition se poursuit au premier étage, en commençant par la salle de bain (à droite).
Au XIXe siècle, l’industrialisation transforme les villes, les individus et les esprits. La science triomphante structure le monde et cherche à en dévoiler les lois fondamentales. Ces évolutions scientifiques et sociales sont porteuses d’un idéal de progrès mais ne répondent pas à la perte de sens que suscite la modernité. Derrière les discours positivistes, un malaise s’installe : guerres, révoltes, crises économiques et sociales nourrissent un sentiment de désenchantement et de décadence.
Dans ce contexte, la famille Hannon témoigne d’une réponse personnelle, à la fois intellectuelle, artistique et existentielle.
Édouard, dirigeant chez Solvay, est aussi photographe : son regard capte les visages d’un monde en mutation, entre réalité brute et recherche de beauté.
Autour de lui, famille et amis forment un terreau intellectuel fertile. Le salon de sa sœur Mariette, biologiste, est un environnement progressiste, proche de l’Université libre de Bruxelles, où se croisent artistes, scientifiques et penseurs. Son frère Théo, peintre et poète, participe également à cette effervescence. Ces réseaux nourrissent une vision du monde où l’art ne se limite plus à l’esthétique mais devient un engagement.
C’est dans ce contexte qu’Édouard et Marie font bâtir une maison qui, plus qu’un lieu de vie, est un autoportrait du couple, un reflet de leurs valeurs. La Maison Hannon est comme un monde à part où l’art total devient un médium capable de relier le visible à l’invisible, la rigueur scientifique à l’intuition poétique. Mobilier, verreries, peintures et architecture y dialoguent pour créer un univers cohérent, à la fois refuge et manifeste.
Les œuvres de cette salle vous plongent dans cet univers. Elles traduisent une époque où l’art devient un langage pour interroger le réel, explorer ses limites, et ouvrir des voies vers d’autres formes de connaissance.
Musiques :
G. Fauré / Quintette à clavier n°2 opus 115 / I. Allegro Moderato
Alpha, Intégrale de la musique de chambre avec piano (Eric Lesage/Quatuor Ebène)
N. Boulanger / Les Heures claires / Cantique
Harmonia Mundi, Les heures claires, The Complete Songs, Nadia & Lili Boulanger (Lucile Richardot / Anne de Fornel)